Guide reconstructible : les différents types d’atomiseur reconstructible

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Temps de lecture : 7 minutes

Il existe aujourd’hui trois grands types d’atomiseurs reconstructibles. D’autres vont sans doute faire leur apparition dans le futur. Certains modèles sont à cheval sur plusieurs types mais, dans l’ensemble, connaître ces trois types permet déjà d’y voir franchement plus clair.

Quel type d’atomiseur reconstructible ?

Les Drippers

Le dripper est la parfaite application du principe : en faire moins pour en avoir plus.

Un atomiseur reconstructible, pas de réservoir

Sa particularité essentielle est de se priver volontairement de sa capacité à stocker l’e-liquide. Il n’a donc pas de réservoir, seulement une résistance avec une dose généreuse de coton. A savoir qu’il faut imbiber ce coton manuellement de façon régulière.

Pourquoi se priver de réservoir ? Tout simplement parce que cette approche permet de s’affranchir des limites de la capillarité au profit de la puissance.

Sur un réservoir ordinaire, l’eliquide « coule » lentement depuis le tank vers la résistance. Et ce dans l’optique de ré-imbiber le coton lorsque ce dernier vient de chauffer. Si la puissance est trop élevée, le coton s’assèche plus vite qu’il ne s’imbibe et chauffe alors à sec (dry-hit). En plus d’être désagréable, le dry hit affecte significativement la durée de vie des résistances. Pour éviter que cela se produise, certains prennent l’habitude de démonter le réservoir et de réamorcer manuellement la résistance. C’est-à-dire d’y verser manuellement du liquide à vapoter pour s’assurer qu’elle est parfaitement humide lorsque l’action de la capillarité ne suffit plus.

Un accès facilité à la résistance et un eliquide de meilleur goût

Le dripper n’est ni plus ni moins qu’un atomiseur conçu pour faciliter cette pratique. Il est ainsi construit de sorte à faciliter l’accès à la résistance. Il suffit généralement de soulever une cloche).

D’autre part, le dripper s’inscrit aussi dans une logique de dégustation. Si l’e-liquide reste dans son flacon d’origine plutôt que dans un réservoir interne, c’est surtout pour lui éviter de rester exposé à la chaleur de la résistance. Ainsi qu’à l’éventuel goût parasite d’usure susceptible d’en altérer le goût. La différence peut paraître subtile avec un e-liquide ordinaire, mais les recettes complexes et finement travaillées ne s’en dévoilent que mieux et les saveurs sont nettement supérieures.

Débuter le reconstructible avec un dripper ?

Contrairement à ce que les paragraphes précédents peuvent laisser penser, nous recommandons vivement aux vapoteurs désirant s’initier au reconstructible de commencer avec un dripper. Certes, son utilisation requiert de s’accommoder d’un remplissage très fréquent. Néanmoins cette limite est aussi un avantage de taille lorsqu’il s’agit de débuter. En effet il n’y a pas besoin de gérer la capillarité.

Or c’est bien là la partie la plus délicate du reconstructible. Celle qui fait grincer des dents ceux qui débutent. Celle qui consiste à doser précisément la fibre ou le coton de sorte à ce que l’e liquide circule assez librement pour alimenter suffisamment la résistance sans provoquer un goût de brûlé. Mais, attention, pas assez librement pour couler en dehors du réservoir. Soit tout simplement rester étanche.

Débuter avec un dripper c’est alors une chance d’apprendre à faire de beaux montages fonctionnels. Sans pour autant avoir à se soucier de chercher le juste milieu hydrodynamique.

Avantages :
  • Un atomiseur quasiment sans limite de puissance (!)
  • Une saveur très nettement supérieure
  • Plus facile à monter (pas de gestion de la capillarité)
Inconvénients :
  • Remplissage très fréquent (pas de réservoir)
  • Nécessité d’avoir toujours la bouteille d’e-liquide avec soi

Les Atomiseurs à dépression

Il s’agit du type d’atomiseur reconstructible le plus répandu. Son fonctionnement est relativement similaire à celui d’un clearomiseur dernière génération. A la différence près qu’un effet de dépression à l’intérieur du réservoir favorise l’alimentation en e liquide.

Lorsque l’utilisateur va inspirer à travers le drip-tip, la chambre de vaporisation se vide partiellement de son air. L’aspiration va alors provoquer un appel d’air. A la fois dans le débit d’air ( airflow ) pour permettre au tirage d’avoir lieu, mais aussi directement dans le réservoir. Le vide d’air va donc aspirer le liquide du tank vers la chambre pour alimenter la résistance. Les atomiseurs à dépression exploitent ainsi les lois de la mécanique des efluides. En particulier le principe des vases communicants pour fonctionner.

Une meilleure alimentation en e-liquide

L’intérêt de cette architecture est naturellement d’assurer une alimentation en e-liquide supérieure à celle d’un réservoir traditionnel. Une alimentation plus généreuse permet de vaporiser plus d’e-liquide d’un coup. Ce qui revient à dire, fonctionner à des puissances plus élevées pour augmenter le volume de vapeur dégagé ainsi que l’intensité des saveurs.

De ce fait et, contrairement à un dripper, la gestion de la capillarité va être la partie cruciale d’un montage à dépression. Il est donc important de doser finement le coton de sorte à ce que ce dernier absorbe efficacement le flux d’e-liquide. L’objectif : lui éviter de remonter directement dans le drip-tip. Inversement, si le coton est trop dense, il ne peut pas parvenir à saturation. Quant à la résistance, elle risque de chauffer à sec. Un atomiseur à dépression ne s’affranchit pas des problématiques rencontrées avec un clearomiseur standard. Néanmoins la possibilité de construire et d’installer la résistance selon ses propres spécifications est une façon hyper efficace d’en redéfinir les limites.

De multiples options de montage

Un bon montage sur atomiseur à dépression est ainsi extrêmement efficace pour un certain type de profil de vapotage (puissance / viscosité du liquide / fréquence d’inspiration). Néanmoins, il est nécessaire de faire un montage différent pour obtenir le même résultat avec un profil très différent. Si on compte tripler la puissance ou doubler le taux de VG de son e-liquide par exemple.

La force des atomiseurs à dépression est donc d’offrir une élasticité vis-à-vis des limites de fonctionnement. Si le rendu n’est pas satisfaisant, on modifie le montage et c’est reparti. Contrairement à un clearomiseur ordinaire qui ne laisse pas d’autre choix que d’acheter un autre modèle lorsque les limites se font trop ressentir, dans un sens (ça à un goût de brûlé) comme dans l’autre (ça coule).

Débuter le reconstructible avec un Atomiseur à dépression ?

Il est plus compliqué de commencer le reconstructible avec un atomiseur à dépression plutôt qu’avec un dripper certes. Pourtant le résultat à tout de même le mérite d’être largement plus confortable et nomade une fois maîtrisé. Mieux vaut s’armer de patience et garder un clearomiseur prêt à l’emploi sous le coude en dépannage pendant les premières semaines.

Pour tester vos premiers montages, pensez à ne pas remplir complètement votre réservoir. Pour beaucoup de modèles, l’accès au montage ne peut se faire qu’en démontant intégralement l’atomiseur. Il serait dommage que cela entraîne une perte de liquide.

Avantages :
  • Un montage sur mesure pour satisfaire vos préférences personnelles.
  • Pas besoin de changer de modèle pour obtenir un style de vape différent.
  • Un atomiseur compatible avec absolument toutes les batteries et tous les eliquides.
  • Aussi nomade qu’un clearomiseur traditionnel.
Inconvénients :
  • Nécessité d’être précis dans le dosage du coton ou de la fibre.
  • Nécessite de démonter plusieurs pièces pour accéder à la chambre de vaporisation.
  • Des atomiseurs relativement plus encombrants, à contenance équivalente. (Le système de dépression prend de la place)

Les Genesis

Le type Genesis fait partie des tout premiers systèmes d’atomiseur reconstructible. Avec des modèles aussi légendaires que le Aga T-2 ou le Kraken, sa popularité ne cesse de croître. On retrouve le même principe que pour les drippers. A savoir une chambre de vaporisation indépendante d’un réservoir. A l’origine, on utilise d’autres matériaux que la fibre et le coton pour sa construction. On privilégie un rouleau de fil de fer, voire carrément un morceau de câble acier (le même que sur les vélos) qu’on oxyde électriquement ou au chalumeau. Dans le but de lui ôter sa conductivité afin de s’en servir comme matériau capillaire. Parfois, une gaine en fibre de verre est utilisée en complément. Aujourd’hui on considère cette pratique comme désuète. Qui plus est les fabricants d’e electronique proposent systématiquement des appareils compatibles avec le coton et la fibre.

A la différence des drippers, un atomiseur Genesis s’alimente par une réserve d’e-liquide. Cette dernière se trouve généralement en-dessous ( bottom feed ) et parfois (rarement) au-dessus ( top feed ).

Atomiseur reconstructible Genesis bottom feed

Dans le cas des bottom-feed, il s’agit d’un dripper sans cuve percé pour laisser tremper de longues mèches de coton ou de fibre dans un réservoir situé en-dessous. L’e-liquide va donc remonter jusqu’à la résistance par seule capillarité. Puisque la résistance se trouve en haut, près du drip-tip, la vapeur est plus chaude que sur les autres réservoirs.

Limitless Classic Edition
Le Limitless Classic Edition est un atomiseur Genesis Type Bottom-Feed. Les mèches trempent dans un réservoir situé en dessous.

 

Atomiseur reconstructible Genesis top feed

Dans le cas des top-feed, il s’agit exactement d’un dripper, surmonté d’un réservoir percé. Cela permet d’y suspendre une mèche de fibre ou coton. Encore une fois, c’est la capillarité qui va assurer l’alimentation en e-liquide. Ici, la résistance se situe le plus loin possible de la bouche. Par conséquent les parois de l’atomiseur ainsi que le Tank refroidissent la vapeur. Émane alors une vapeur bien plus froide que celle de l’essentiel des autres réservoirs.

 

L’Origen Tank 18-22 est un atomiseur type Top-Feed. Le réservoir se situe au dessus et alimente lentement la résistance.

 

Les atomiseurs Genesis sont plutôt à mi-chemin entre les atomiseurs à dépression et les drippers. S’ils ne profitent pas de l’effet venturi qui régit les atomiseurs à dépression, ils sont néanmoins construits pour faciliter l’accès au montage. La perte en capillarité par rapport à un ato dépression, le Genesis la compense donc avec une flexibilité immense. Il est ainsi tout à fait possible d’augmenter massivement la puissance. Mais aussi de compenser en imbibant manuellement de temps en temps pour assister l’alimentation. De plus, sa construction particulière fait qu’il est très souvent possible de refaire ou d’ajuster le montage sans avoir à démonter le réservoir. Autant d’ajustements qu’il est possible de faire a posteriori de la construction.

Le Genesis bénéficie aussi, quoique dans une moindre mesure, d’une meilleure préservation des qualités de l’e-liquide Cela est le fruit du réservoir partiellement isolé de la résistance.

De même, le dosage de la fibre/coton est moins exigeant. Il faut néanmoins être prudent à ce que les trous d’alimentation soient assez saturés. Pourquoi ? Pour éviter que le liquide ecigarette ne s’écoule lorsque l’appareil est en position couchée.

Débuter le reconstructible avec un Genesis ?

Même si le Genesis est un compromis idéal entre le dripper et l’atomiseur à dépression, on le conseille rarement pour faire ses premiers pas dans le reconstructible. La raison est simple. Son immense flexibilité vient du fait qu’il facilite les actions manuelles sans avoir à tout démonter. Or, pour que l’action manuelle soit pertinente, encore faut-il savoir ce que l’on fait.

Il est souvent préférable de commencer avec un système fixe. Et ce quitte à refaire ses premiers montages afin d’apprendre à connaître ses préférences. Mieux vaut cela que prendre de mauvaises habitudes en cherchant continuellement à corriger un montage raté et peu satisfaisant. Cette solution peut sembler tentante à court terme, mais les possibilités d’ajustement ne doivent pas être un prétexte à se dispenser d’une exigence de précision dans le montage. Autrement dit, si ça ne marche pas bien tout de suite et qu’il est nécessaire d’ajuster par la suite, alors l’atomiseur ne donne de toute façon pas le maximum de son potentiel. L’ajustement a vocation à dépasser ponctuellement les limites d’un montage, pas à assurer son fonctionnement de base.

Avantages :

  • Proche du rendu d’un dripper avec toute la puissance des saveurs.
  • Un accès très facile à la résistance.
  • Possibilité de refaire le montage sans vider le réservoir.
  • Moins limité que les atomiseurs à dépression par la capillarité .

Inconvénients :

  • Probablement le montage le plus difficile des trois types, si on cherche à éviter d’avoir à agir manuellement.
  • Si le dosage de coton est mauvais, il y a un risque que le réservoir ne soit pas étanche lorsqu’il se tient en position couché.
  • Selon les modèles, le remplissage n’est pas toujours évident.
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